(Cercle celtique de Pluneret - Morbihan)
Cliquez sur le danseur ou la danseuse dont le costume vous intrigue, ou découvrez nos costumes par ordre chronologique : des temps post-révolutionnaires aux dernières modes , en passant par les modes intermédiaires fin 19ème - début 20ème de la ville ou de la campagne . Notre toute dernière création : un costume de bourgeois et bourgeoise de Saint Goustan (1870). .... Vous pourrez aussi prendre connaissance avec une planche de Lalaisse représentant un costume de paysanne de 1820, actuellement en cours de confection.
Contrairement aux idées répandues, avant la
Révolution française de 1789, les vêtements
que revêtent les bretons présentent déjà
des différenciations suivant les localités
et les conditions sociales. Les recherches d'Odile Gardais sur
l'évolution du costume d'Auray le montrent bien.
Dans les archives judiciaires et notariales, sources de ses recherches,
il est souvent mentionné que tel ou tel individu est guisé
à la mode de telle ou telle commune ou de tel ou tel
corps de métier.
Malheureusement, il n'existe aucune reproduction iconographique de costumes du pays d'Auray avant
1820. Nous avons donc reproduit un costume post-révolutionnaire à partir de lithographies et de collections
conservées au Musée de la chouannerie de Plouharnel (56). Il est important de souligner qu'il ne s'agit
pas d'un costume typique du pays d'Auray, mais plutôt d'un "costume type" qui se retrouvait, avec certaines
variantes, dans toutes les régions de chouannerie, c'est-à-dire dans le Grand Ouest de la France.
Le costume des hommes se compose de guètres, d'un bragou, d'une large ceinture,
d'un gilet à double boutonnage, d'une chemise épaisse et d'un chapeau.
Le costume des femmes se compose d'une jupe, d'un chemisier, d'un gilet, d'un tablier
à devantier rectangulaire et d'une coiffe en coton.
Grâce au goût prononcé de la bourgeoisie parisienne pour les modes vestimentaires des provinces françaises,
nous possédons des iconographies à partir des années 1820. Deux dessinateurs nous transmettront des
lithographies sur le pays d'Auray : ???? (de la maison nantaise "Charpentier") et François Hypolite
Lalaisse.
.
Une différenciation majeure entre mode de la ville et mode de la
campagne est à souligner sur les croquis de Lalaisse. Cette différenciation perdurera jusqu'au début du vingtième
siècle. La femme centrale (jupe bleue) est une paysanne,
la femme figurant en haut à droite est une femme de la ville d'Auray. La première porte une très longue
coiffe, lui descendant jusqu'au fessier, la seconde un châle et une coiffe plus petite sur laquelle trois coins
se dessinent (ancêtre de la coiffe tri kern, élément fondamental du costume du pays d'Auray).
Le costume est alors très coloré et les couleurs sont vives : divers bleus, violet, rouge, violet, écarlate,
blanc, gris, or, mordoré...
Voici quelques caratéristiques essentielles de cette mode :
Ce costume, qui constitue notre plus récente création (2005), a été reproduit
d'après une photographie retrouvée dans une famille alréenne (quartier de Saint Goustan).
Au dos de cette photographie est mentionnée une date : 1870.
La qualité des étoffes et la mode citadine du costume masculin témoignent de la condition
sociale élevée du couple. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un couple de riches artisans
ou commerçants.
Le costume des hommes se compose d'un pantalon de couleur foncée, d'une chemise à lavalière,
d'un gilet en soie ou en taffetas brodé et d'une veste 3/4.
Le costume des femmes marque l'apparition des caractéristiques essentielles du costume féminin
du pays d'Auray : coiffes à trois coins et robe en mérinos noir avec bandes de velours noir.
Les spécificités du costume urbain sont aussi présentes : châle et tablier en taffetas mécaniquement brodé.
Les dentelles et broderies faites mains sont encore totalement absentes. Soulignons à ce titre que
les guimpes et manchettes n'ont pas encore fait leur apparition. Dessous leur robe, les femmes portent
un chemisier dont on apperçoit le col et les manches.
En pays d'Auray, une distinction est à opérer entre costume dit « à châle »
et costume dit « à petit col». Le premier est porté à la ville, par les artisanes
et commerçantes, le second à la campagne.
Des années 1870 à la première guerre mondiale, les hommes
des communes rurales portent un costume se composant d'un chapeau à guides,
d'un gilet à revers de velours, d'une veste et d'un pantalon rayé.
Chez les femmes, les dentelles sont apparues, les manchettes, guimpes et
cols sont en tulle brodé. La broderie peut être mécanique ou faite main.
Le costume est une véritable carte d'identité pour celles qui le portent :
localité, condition sociale, étapes dans la vie... De nombreux bijoux et
accessoires peuvent venir agrémenter le costume : sautoir, ras de cou, montre,
foulard en soie, noeud en tulle...
A compter des années 1930 et jusqu'en 1945 (fin du port des costumes pour les femmes), la quantité de broderie n'a cessé de croître. Les broderies mécaniques laissent désormais place aux broderies faîtes mains. La mode des broderies est aux gros bouquets et aux broderies style richelieu (tabliers découpés). Alors qu'il subsiste en pays vannetais et sur la presqu'île quiberonaise, le châle disparaît dans les alentours de la ville d'Auray. Les coiffes, robes et tabliers ont raccourci... Les bottines disparaîssent pour laisser place aux escarpins.
Vous pourrez découvrir de nombreuses autres danseuses en costume dans la rubrique
Galerie...
Si vous souhaitez avoir un panorama très complet des modes vestimentaires des
différents terroirs de Bretagne, visitez
le site de Gildas Ricard , vous découvrirez ses merveilleuses photos "noir et blanc" !